Daily Journal · 2020
Assemblée annuelle du Daily Journal 2020
L’assemblée de février 2020 est la dernière que Munger a tenue avant l’irruption de la pandémie — une capsule temporelle précieuse de sa façon de penser à la veille d’un krach qu’il n’a pas vu venir et qu’il n’a jamais prétendu avoir anticipé. À 96 ans, il a assuré les deux heures habituelles, vif et sans se presser.
Pourquoi la regarder. Le fil conducteur, c’est la rationalité comme une compétence qui se travaille, non comme un trait de caractère. Munger soutient que la capacité de reconnaître qu’on a tort est « une bénédiction », affirme qu’une bonne part de sa fortune est venue du dénouement de positions prises pour de mauvaises raisons, et décrit l’effort actif qu’il fait pour abandonner ses convictions dès que des éléments les contredisent. C’est le passage où il est le plus clair sur la mécanique du changement d’avis. Sur les cryptos et les engouements assortis de la fintech, il est dédaigneux de la manière la plus mungerienne qui soit — direct sur la « pile du trop difficile », pas même digne qu’on s’y arrête.
Thèmes marquants : la discipline de la « pile du trop difficile » ; la rationalité et la révision à l’épreuve des faits ; la Chine et la pérennité de certaines franchises ; et sa méfiance instinctive envers tout ce qui sent l’argent facile.